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Dessin et illustration

le plus beau métier du monde

Pictogramme d'un dessin enfantin représentant un pinceau rouge sur fond blanc

Graphiste est le nom donné à un métier un peu particulier qui s’apprend en école d’art. Nous pourrons faire la différence entre les arts plastiques, les arts graphiques, les arts appliqués et les Beaux-arts. Chacune de ces formations a des traits communs. Certaines écoles relèvent de la faculté d’autres du ministère de la Culture. D’autres encore, peuvent faire partie de l’enseignement privé. Si me métier de graphiste vous intéresse, poursuivez votre lecture afin de connaître les tenants et aboutissants d’un métier particulier. Comme chaque métier aime à le dire, le métier de graphiste est le plus beau métier du monde notamment en raison de sa transversalité dans les métiers de l’art et de la communication par le dessin.

Réalisation accélérée d'un dessin de personnage de type bande dessinée en environ 3 mm

Le concours

Les élèves qui préparent le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts ont un profil un peu particulier. En général, ils dessinent depuis l’âge de 6 ans et un certain nombre prennent des cours particuliers. À l’époque, au siècle dernier, le concours d’entrée était composé de 2 épreuves : 1 épreuve de dessin et le passage devant un jury. Aujourd’hui, la procédure a évolué avec l’ajout d’une épreuve écrite et d’une épreuve en langue. Certains disent qu’il est même conseillé de faire une école préparatoire d’un an.

Au siècle dernier

Cette nouvelle procédure ne modifie guère le résultat. L’évidence repose sur la représentation académique. L’élève doit posséder des aptitudes en dessin reconnu immédiatement par les enseignants (artistes professionnels). Par contre, l’épreuve reine est le passage devant le jury. Ce jury doit exclure des centaines de candidats qui ne paraissent pas répondre aux critères de la formation artistique. Le jury retient 30 candidats dont il sait pertinemment que seuls 3 ou 4 candidats auront leur diplôme après 5 années de labeur. Cette proportion de réussite est relativement conforme aux autres disciplines, en tout cas au siècle dernier.

L'École des Beaux-Arts

L’École des Beaux-Arts forme des étudiants dont le parcours est par la suite très différent. Ils ont tous en commun d’être des créatifs. Ils ont l’instinct de la dérision créative. Cette dérision n’est en aucun cas malsaine, juste des bribes de pensée. Celles-ci sont constituées d’une vision débordante où des situations, telles que des formes, des espaces deviennent une nouvelle conjonction. Comme si les étudiants avaient subi un conditionnement. Ces étudiants devenus professionnels ont une compréhension de l’espace, car depuis leur tout jeune âge, ils ont vision aiguisée au sens des proportions. Ils sont nés avec une aptitude particulière. Une aptitude à comprendre le monde et la mécanique de la spatialité.

Les graphistes peuvent, à l’instar de certains autistes retrouver le centre d’un volume. Ils sont capables d’entrevoir des emboîtements d’objets complexes. Le graphiste, l’illustrateur a probablement un état d’esprit très spécifique. Celui-ci l’empêche probablement de devenir ingénieur ou médecin. Son monde est différent et souvent ses centres d’intérêt sont autres. Ce sont des gens à part dans un monde rempli d’autres personnes à part.

La cinquième année

Après quelques années, l’étudiant sera diplômé d’une école d’art, telle que l’École des Beaux-Arts où le sens des valeurs est exacerbé. Sa vision sur l’esthétisme du monde qui l’entoure paraît être un entrelacs complexe. L’apprentissage des arts et des techniques s’apprend pendant les premières années. La 5e année est consacrée à une recherche personnelle permettant à l’étudiant de comprendre des schémas. La pensée devient concrète, précise, analytique, synthétique.

Dessin et illustration : école des beaux-arts - illustration-02
Dessin et illustration : école des beaux-arts - illustration-03
Dessin et illustration : école des beaux-arts - illustration-01

L’étudiant se met à comprendre un entrelacs de schémas et la pensée devient concrète, précise, analytique.

Professionnel

Lorsque l’on maîtrise l’espace bidimensionnel et l’espace tridimensionnel, un grand nombre de métiers deviennent envisageables. En fonction de leur sensibilité, de leur « êtreté », certains choisiront l’art, d’autre l’enseignement. D’autres encore préféreront les métiers de la communication ou du design sous toutes ces formes. Comme dans tous les secteurs, l’informatique a modifié les conditions de travail. Pour les graphistes, les bases restent les mêmes avec 2 grands vecteurs que sont la sémiologie et l’iconographie.

Le graphiste devenu infographiste

Dans le domaine de la communication, le graphiste devenu infographiste interviendra dans toutes sortes de domaines. Il réalisera des créations d’affiches, de flyers, de brochure, de logos et d’image de marques, de PLV ou d’emballages. Dans le domaine du Web, il créera des sites web « Responsive design » qui pourront être statique ou dynamique… L’empreinte de l’infographiste est partout. Elle se retrouve dans la presse, l’édition, la publicité, la création de support d’aide à la communication et le design…

Sa mission : concevoir un visuel répondant à des normes techniques, alliant sens artistique et enjeux commerciaux. Grâce à sa connaissance du marketing, il saura séduire le public pour une communication pédagogique, informationnelle et commerciale. La mise en forme pourra être, par exemple, ludique ou en utilisant d’autres ressorts pour valoriser les savoir-faire de l’entreprise.

Autrement dit, ce spécialiste de la communication élabore l’univers graphique d’un produit, d’une entreprise, et lui donne une identité visuelle. Il transforme des idées en images et assure la transmission d’un message vers un public, à travers ses réalisations graphiques.

Dessin et illustration - carte de vœux de l'année 2006 - Abbaye de Saint-Savin
Dessin et illustration carte de voeux de l'année 2006 - illustration 01
Dessin et illustration - carte de vœux de l'année 2006 - Uniscop - BTP

Des cartes de vœux réalisées en 2006 pour différentes entreprises

Des beaux-arts aux artistes

Le professionnel diplômé de l’école des Beaux-arts participe souvent, sans le vouloir, à des conversations qui remettent en cause l’art contemporain. Il y a toujours un quidam pour dénigrer l’art. L’irrévérencieux citera certaines productions dont l’aspect paraît être réalisé par un enfant. L’École des Beaux-Arts n’est pas une école technique. Il faut retenir que l’étudiant passe un tiers de son temps dans les livres, un tiers à réfléchir à sa stratégie de production et d’expérimentation. L’étudiant consacre le dernier tiers de son temps à l’effectuation de son travail plastique.

L’art et nos contemporains

Des conversations, à la tournure moqueuse, reprennent systématiquement les mêmes exemples. Nous penserons aux monochromes d’Yves Klein, à l’urinoir de Marcel Duchamp ou encore le portrait cubiste de Dora Maare de Picasso. En effet, les parties du visage sont vues pour certaines de face et pour d’autres de côté. Un peu exaspéré, notre professionnel attend le moment ou l’un des protagonistes de la conversation s’en prend à Kasimir Malevitch avec son carré noir sur fond blanc. Bien sûr, toujours moqueur, il précisera qu’il lui à fallut 3 ans de réflexion pour proposer carré blanc sur fond blanc. Le protagoniste afin de porter un coup fatal à notre professionnel continuera la taquinerie en choisissant en guise de conclusion l’œuvre de Jean-Michel Basquiat.

Dessin et illustration - art avec "Le Jour ni l’Heure 4323" de Jean-Michel Basquiat

Le Jour ni l’Heure 4323 : Jean-Michel Basquiat, 1960-1988

L’art et ses incompréhensions

Le professionnel bien élevé expliquera avec pertinence, s’il en a encore le courage, que son auditoire mélange l’art moderne, l’art abstrait, l’art conceptuel et enfin l’art contemporain. À ce propos, il tentera d’expliquer que le mot contemporain n’est qu’une étiquette. Il s’agit d’un label. Il ne doit pas être pris dans son sens propre de contemporanéité. Un artiste non figuratif ou abstrait d’aujourd’hui n’est pas un artiste contemporain au sens figuré du terme. La conversation peut vite s’animer, en effet le professionnel citera des références livresques comme Nathalie Heinich avec son livre « Le paradigme de l’art contemporain » ou encore « Structures d’une révolution artistique » ou encore Aude de Keros avec « L’imposture de l’art contemporain: Une utopie financière ». Ce retranchement bibliographique est sans effet sur son auditoire.

Les Youtubeurs

Il est incapable d’expliquer en quelques minutes ce qu’il a mis des années à assimiler. De surcroît, des usurpateurs, des gourous youtubeurs aux milliers d’abonnés, des bonimenteurs de foire enfoncent le clou par des démonstrations présentant des supports toilés qui relèvent plus de la décoration que de l’art. Ces présentations sont soutenues par un discours mielleux et mensonger jouant sur la corde sensible et la naïveté de leurs abonnées. Certains youtubeurs prétendent qu’il n’est pas nécessaire de faire une école d’art au risque d’être formaté. Par contre, il propose à la vente un support pédagogique. Certains pourraient s’intituler « comment ai-je réussi à devenir peintre professionnel ?». Le résultat est souvent garanti.

Dans la suite de ce raisonnement

Il est difficile d’expliquer l’art de Buren ou de Jasper John connu pour ses cibles et ses drapeaux américains dont l’application gestuelle est plus que relative. Toutefois, il est possible d’apporter quelques réponses concernant le débat sur le coloris à la fin du XVIIe siècle. Cette tentative vise à expliquer à un large public les ressentis et préoccupations d’une personne diplômée de l’École des Beaux-Arts et, peut-être, à entrer dans un moment de partage.

Dessin et illustration - les colonnes de Buren

La couleur

Parler de couleur est toujours un acte délicat. Notamment en proposant une argumentation en quelques minutes. Cela relève presque de l’impossible, mais tentons l’affaire.

Le ciel est bleu, l’herbe est verte, la terre est brune et le sable paraît teinté d’un brun/orangé clair, voire un peu jaunâtre. Voilà, les choses sont simples, quoique pour ce dernier la subtilité s’invite, surtout lorsque l’eau, qui est transparente, fonce la couleur du sable lorsque celui-ci est mouillé.

Les couleurs que nous percevons sont créées par la lumière visible et par la structure des objets. Ceux-ci absorbent ou rejettent la lumière et donne ainsi la couleur à la structure. Amusez-vous à faire l’expérience suivante. Prenez un citron, bien jaune, et allez vous placer dans une pièce sans lumière, donc bien sombre. Ensuite, posez-vous la question suivante : « quelle est la couleur du citron ».

Dessin et illustration la couleur jaune du citron en plein jour
Dessin et illustration la couleur jaune du citron dans une pièce sombre

Le dessin et la couleur

Mais évoquons aujourd’hui, juste pour le plaisir, la problématique du dessin et de la couleur. Au XVIIe siècle, il y eut un débat plein de rebondissements évoquant le problème du dessin et du coloris. L’histoire est passionnante, mais bien trop longue à raconter. Si celle-ci vous intéresse, vous trouverez à foison toute une littérature sur le sujet.

Voyons les principaux traits de cette problématique. (Jeu de mots, dirait maître Capello).

Deux écoles

Il y a deux écoles celle de Roger de Piles et celle d’André Félibien.

Pour les partisans du dessin, un coloris par trop important enlève un sens fondateur au dessin. L’utilisation de la couleur exacerbe le « beau » et « l’immédiat », annihilant toute réflexion sur le thème. Philippe de Champaigne, nous dit : « Je reprends les idées d’Aristote pour qui la couleur ne serait qu’un accident de la nature, contrairement à la substance des choses qui est traduite par le dessin ».

Une opinion se propage selon laquelle le dessin est le prolongement immédiat de l’idée et s’adresse directement à l’intelligence. Ces images dessinées sont des représentations qui peuvent être colorées ou peintes, mais leur fondement premier est le dessin. Autrement dit, avec cette nouvelle citation : « Pour les défenseurs du dessin, la couleur n’est qu’une pure matérialité et elle ne relève pas de l’esprit. L’essence de la peinture et son sens n’est pas dans la couleur, mais bien dans le dessin.

Le dessin, c’est la beauté intellectuelle alors que la peinture ne sert qu’au plaisir des yeux. La peinture c’est juste l’enveloppe visible de l’idée, alors que le but est d’instruire. Il faut ajouter que l’académie de l’époque s’adressait en priorité aux artistes. Les œuvres des dessinateurs n’ont pas été créées pour toucher un public large, mais pour s’adresser aux initiés.

Les coloristes

Les coloristes prétendent que pour imiter la nature, le dessin ne suffit pas. Sans couleur, les objets ne peuvent pas être perçus. La couleur permet non seulement d’imiter la nature, mais aussi de l’exacerber, de la rendre encore plus belle.

Pour être sûr d’être bien clair sur l’objet de ce débat, déplaçons cette même idée avec la musique. On pourrait imaginer que la musique classique serait la musique de l’esprit. Il est vrai que l’on s’imagine mal, battre la cadence du pied sur le tempo ou se trémousser de tout son être à l’écoute d’une œuvre de Jacques-André-François d’Agincourt.

Par contre la musique moderne, pas celle de Boulez ou de Messian, mais cette musique que l’on entend à la radio et la télévision, devient la musique du corps. D’ailleurs, comment ne pas résister à faire sautiller une partie de son corps ou même bouger au minimum le petit doigt au rythme soutenu d’un concert des Daft Punk.

La musique de l’âme et la musique du corps

Finalement, il est amusant de constater les tentatives de l’ensemble musical des Rondò Veneziano ou même celle d’André Rieu, qui a même réussi à introduire de l’accordéon, pour créer un passage, un pont entre la musique de l’âme et la musique du corps.

Revenons aux dessins et à la peinture.

Georges de la Tour

Par la suite, les peintres modernes ont fini par gagner le débat avec notamment : « le clair-obscur » où la lumière provient de l’intérieur même du tableau. Le dessin ne peut rendre que difficilement cet effet.

Nous penserons à Georges de la Tour et son « Saint Joseph charpentier ». Cette œuvre est exemplaire. Elle évoque le clair-obscur avec notamment une impression de transparence délicieuse perçue dans les doigts de l’enfant. Roger de Piles dira à propos du clair-obscur : « La science des lumières et des ombres qui conviennent à la Peinture est une des plus importantes parties et des plus essentielles de cet art. »

Mignard ajoutera, reprenant les propos d’Alberti, à son compte : « la peinture est de plaire aux savants et de charmer les ignorants ».

Vous pourrez noter la modernité de cette citation.

Dessin et illustration de Saint Joseph - Charpentier de Georges de la tour

Conclusion

Nous avons essayé ici de résumer les pensées les plus profondes des personnes qui ont décidé d’étudier à l’École des Beaux-Arts pour tenter d’entrevoir un mode de pensée probablement un peu différent, comme pour tout un chacun dans sa matière. Il est facile de comprendre que, lorsqu’un l’infographiste s’empare de la création de l’image de marque de l’entreprise, son enseignement ressurgit pour vous proposer un résultat optimal.

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